S A P E R E Réflexions, mots, livres, évènements, rencontres, dégustations et autres gourmandises parce "un aliment ne doit pas seulement
être bon à manger, il doit aussi être bon à penser" (Claude Lévi-Strauss).
En cette période de médiatisation outrancière de la cuisine, la création culinaire semble à la portée de tous. Il faut néanmoins en connaître quelques clés essentielles. Deux ouvrages sortent à point nommé en librairie sur ce sujet. Le répertoire des saveurs[i] Le livre était sous le sapin de Noël de toutes les foodistas qui l’ont immédiatement adopté. L’auteur est une jeune femme anglaise néophyte en cuisine qui avoue n’avoir pas fait grand-chose d’autre que « de peler des patates avant de découvrir, à vingt ans passées et presque par hasard, qu’elle aimait cuisiner. » Cherchant un manuel qui pourrait l’aider à comprendre « comment une saveur pourrait s’accorder avec une autre, à connaître leurs points communs et leurs différences » et n’en trouvant pas, elle a décidé, avec candeur, de l’écrire elle-même. Elle reconnaît aisément l’ambition un peu démesurée de sa démarche et sa […]
Auparavant, une étagère de la cuisine était consacrée aux livres de recettes. Maintenant, le premier réflexe est d’aller chercher sur le web l’inspiration pour le dîner. La montée en puissance des blogs personnels s’est traduite, notamment en France, par l’avènement d’une blogosphère culinaire de plus en plus influente. Les blogueurs culinaires sont des blogueuses ! Animée en général par des hommes, la blogosphère culinaire appartient quant à elle à 94 % aux femmes[1] et est particulièrement active[2]. La plupart d’entre elles possèdent un diplôme supérieur et sont âgées de 30 à 44 ans. Timidement apparus au début des années 2000, les blogs culinaires ont connu une véritable explosion autour de 2006 et se sont multipliés jusqu’en 2009 mais il semblerait que l’assiduité que demande un blog en est dissuadée plus d’une et leur nombre actuel semble stagner autour de cinq mille, ce qui, […]
La cuisine envahit nos écrans. Les émissions de téléréalité culinaire (1) se multiplient sur toutes les chaînes. Plus de talk-show digne de ce nom sans son chroniqueur culinaire ou sa cuisinière attitrée (2), même les émissions de sport s’y sont mis (3) ! A l’heure où l’on cuisine moins, quel est le sens de cette surexposition médiatique ? De Raymond Oliver à la téléréalité culinaire Qu’il nous semble bien loin le temps de Catherine Langeais et de Raymond Oliver ! La première émission de cuisine à la télévision française dans les années 1960 s’intitulait « Art et magie de la cuisine ». Le cuisinier et l’animatrice se chamaillaient aimablement comme un vieux couple autour de l’expression « robe des champs » ou « robe de chambres », préparaient du pâté bourbonnais et des « œufs Toupinel… ou presque !» Si ce concept d’émission culinaire à visée essentiellement informative et pratique, […]
Le coq gaulois qui sommeille en chacun de nous n’était pas peu fier quand, en novembre dernier, l’Unesco a classé le repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité. Certains ont pu s’étonner, d’autres, juger ce classement inutile. Essayons de comprendre les raisons objectives de cette distinction et ses enjeux. Notre gastronomie est un patrimoine Quel est le fond commun qui, au delà des différences, relie et identifie chaque français ? Son amour pour la « bonne bouffe ». Qui n’a jamais prôné le « petit vin » d’un vigneron du coin, le « fromage d’ici » trouvé au marché, la suprématie de la spécialité culinaire de sa commune, de son canton ? Chaque français défend pied à pied son territoire gastronomique et mène le combat avec ardeur : la tarte Tatin est-elle née à Romorantin ou à Lamotte-Beuvron ? Le gamay est-il meilleur en Loire ou en Beaujolais ? Peu […]
La gourmandise est-elle menacée ? Avons-nous encore le droit d’être gourmand ? La gourmandise est-elle en train de redevenir un péché ou assistons-nous à la naissance d’une nouvelle définition de la gourmandise ? Le retour du péché «Mangez sain », « mangez équilibré », « évitez le grignotage entre les repas », « évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé »… Depuis les prêches moralistes de l’Eglise, nous n’avions jamais reçu autant d’ordres, d’injonctions infantilisantes sur la façon de nous alimenter. « Le péché de gourmandise, en cette fin de siècle, a plus aisément été sécularisé et médicalisé que le péché de chair »[1] explique le sociologue Claude Fischler. Il est vrai que nous devons faire face à l’une des plus rapides évolutions de société qui ait jamais existée. En peu de temps pour l’échelle humaine, nous sommes passés d’une économie de chasse et de cueillette puis […]
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De la dégustation dépend notre sens esthétique ; de nos modes alimentaires dépendent notre façon de juger, d'appréhender le monde. Réflexions, articles, rencontres, dégustations et autres gourmandises pour mieux percevoir toutes les saveurs du monde.