S A P E R ERéflexions, mots, livres, évènements, rencontres, dégustations et autres gourmandises
parce "un aliment ne doit pas seulement être bon à manger, il doit aussi être bon à penser"(Claude
Lévi-Strauss).
La France était sous la neige mais il y faisait 18° sur les hauteurs de Jurançon en ce matin de décembre quand, après avoir glissé comme sur un toboggan sur les routes sinueuses de l'arrière-pays palois, la voiture nous a déversé à Uroulat, devant la maison de Charles Hours. La chaîne des Pyrénées s'étend au loin, majestueuse, et ses pics blancs au-dessus desquels de gros nuages blancs roulent en cascades, semblent plus protecteurs que menaçants. D'un côté du chemin, les vignes hautes, enherbées, caressent les coteaux ; de l'autre, une bâtisse ancienne aux murs de galets, nous accueille. Tableaux. Deux natures apprivoisées, domptées par la main de l'homme. Un paysage ressenti, lissé sur ses meilleures croupes par les rangs de vignes : un abri savamment composé avec de modestes cailloux, soupesés, cueillis, assemblés. Des deux côtés, la main de l'homme. Charles Hours paraît. Alors […]
La place Carnot est joliment enneigée quand nous arrivons à Beaune en cette fin de novembre 2010. Elle a des allures de petit village de santons poudré... Nous venons à la rencontre d'Emmanuel Giboulot, pionnier de la biodynamie en Bourgogne, qui a pris la suite de son père, lui-même en agriculture biologique depuis 1970, ce qui relevait alors carrément d'une douce folie... La côte de Beaune sous la neige Le domaine de 10 hectares domine la ville et se répartit entre les appellations Bourgogne (limitrophe de Pommard), Côtes de Beaune et VDP de Sainte-Marie la Blanche. Chez Emmanuel, ce n'est pas la qualité du terroir qui prévaut mais son traitement de la vigne en biodynamie ainsi que son approche particulièrement sensible et humaine de sa passion de la vigne. Il la conte avec un naturel, une évidence que l'on retrouve dans la profondeur de ses vins. Dans sa cave trône cette carte […]
Vous ne les connaissez pas. Ils s’appellent Didier Thévenet, Christophe Bouillaux, Cyriaque Liévaux ou Bruno Fas et bien d’autres encore, anonymes, qui préfèrent, comme eux, rester dans l’ombre et parler de « travail d’équipe ». A leur façon, ce sont des héros. Sans bruit, chacun dans leur région, ils révolutionnent la cuisine collective. Ce sont les pionniers du bio dans les cantines. L’ambition du Grenelle de l’Environnement Le contexte n’a jamais été aussi favorable et pourtant les initiatives traînent encore… Le Grenelle de l’environnement a remis le bio à l’honneur avec des objectifs ambitieux : 6 % de terre cultivée en bio contre 2 % seulement actuellement[1] avec des débouchés assurés : la restauration collective. La circulaire du 2 mai 2008[2] relative à l’exemplarité de l’Etat en matière d’utilisation de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration […]
Aux armes, mangeurs de tous les pays ! Le choix quotidien de notre alimentation est devenu un véritable casse-tête. Entre OGM, pesticides, élevages intensifs, espèces en voie d’extinction, menace sur la biodiversité, impact écologique, la prise de conscience que l’acte d’achat de notre alimentation influence non seulement sur notre bien-être, mais également notre économie et notre environnement, est devenu une évidence. Arrêtons par paresse de nous voiler la face ! Arrêtons de nous déculpabiliser par des actes insignifiants ! Il est temps d’agir et de devenir des « éco-mangeurs » responsables et vigilants. Un mouvement préconise cet engagement citoyen depuis 1989. Il s’intitule Slow-Food - en réaction aux « fast foods » - et prend aujourd’hui valeur d’éclaireur. Une association aux allures de multinationale Bra ne serait qu’une petite ville du Piémont bien banale si elle n’abritait […]
Pourquoi devrait-on apprendre à goûter ? Apprend-t-on à voir, à entendre, à respirer ? Cette activité quotidienne, nécessaire, partagée par tout ce qui vit, ne devrait pas devoir nécessiter d’éducation particulière. Et pourtant... Si certaines espèces vivantes sont exclusivement carnivores ou herbivores, l’homme, quant à lui, est omnivore, c’est-à-dire qu’il peut manger de tout, sans exception. L’exception, il se la construit culturellement, pour adhérer à un groupe, définir son identité, c’est-à-dire à la fois s’assimiler à d’autres, ses semblables, et se distinguer des autres, ceux qui n’appartiennent pas à sa famille, à son clan, à sa tribu. Pour cela, il doit nécessairement apprendre à distinguer des aliments. Le sucré : seul goût universel Le goût est toujours la résultante d’une éducation et de choix dictés par l’entourage car, de toutes les saveurs, seul le goût sucré est […]
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De la dégustation dépend notre sens esthétique ; de nos modes alimentaires dépendent notre façon de juger, d'appréhender le monde. Réflexions, articles, rencontres, dégustations et autres gourmandises pour mieux percevoir toutes les saveurs du monde.